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La procréation médicalement assistée au rapport

mardi 10 février 2009, par Géraldine Chavrier

L’année 2009 sera celle des débats préparatoires à la révision des lois bioéthiques.

Une première réflexion vient d’être rendue publique : l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques a rendu son rapport sur l’application de la loi du 6 août 2004 relative à la Bioéthique (enregistré à la présidence de l’Assemblée Nationale le 17 décembre 2008).

Ce premier texte, mis en ligne sur ce site, ne concerne que la partie relative à la procréation médicalement assistée et consiste d’une part en un résumé des points abordés et des propositions de l’office, et d’autre part en quelques commentaires... pas nécessairement juridiques : après tout, il s’agit aussi d’une question de société.


La partie relative à l’Aide Médicale à la Procréation commence par une constat : la nouveauté radicale que constitue aujourd’hui la procréation sans sexualité.

En réponse le rapport explique :

"Certes, de nouvelles formes de parentalité existent, les familles sont souvent recomposées, ou monoparentales, cependant les rapporteurs considèrent que les techniques d’AMP étant lourdes, difficiles à mettre en oeuvre, elles doivent être réservées aux stérilités médicalement avérées. Il conviendrait (...) d’ ouvrir aux femmes célibataires médicalement infertiles l’accès à l’AMP avec un suivi psychologique)".

Curieux choix : en quoi une femme célibataire médicalement infertile devrait elle être favorisée par rapport à une femme célibataire qui ne l’est pas, ou qui ne se sait pas infertile ? Parce que l’objet du service public est de traiter l’infertilité ? Mais la question de société qui est posée est celle de la solo-parentalité et c’est à cette question qu’il convient de répondre : une femme célibataire infertile pourrait tout aussi bien trouver un compagnon et, par ce fait, être autorisée à recourir à l’AMP. La question est donc : une femme seule, qui ne parvient pas à trouver un compagnon, peut-elle recourir à l’aide médicale à la procréation ?

Cette présentation est par ailleurs assez dangereuse : pour accéder à l’AMP en France, il suffira de se mettre en situation de danger d’infection afin de boucher ses deux trompes, et ainsi de devenir une femme célibataire pouvant être prise en charge par les centres concernés...

En outre, on sait que la question est posée au regard de la marchandisation croissante de la procréation par des voyages en Belgique et en Espagne notamment. Distinguer entre célibataires fertiles et infertiles ne résout en rien ce problème. Il faut donc bien poser la question de la solo-parentalité et décider, soit de l’accepter dans une certaine mesure (femmes entre 37 et 42 ans par exemple), soit de convaincre les Etats européens de changer leur législation.... Il n’y a pas d’autres alternatives car refuser de prendre en charge en France des femmes ayant été inséminées à l’étranger constituerait une non assistance à personne en péril... et peut-être une atteinte aux règles de la libre prestation de services en Europe.

L’office s’est également interrogé sur l’accès des couples à l’AMP : la nécessité de former un couple stable pendant deux ans est-elle compatible avec la société dans laquelle les enfants sont conçus aujourd’hui ? D’autant que les attestations démontrant l’existence d’une vie commune pendant deux ans sont très faciles à obtenir et rendent la règle inefficace.

Nous ajouterons qu’il existe d’autres situations douloureuses non évoquées dans le rapport. Un couple composé d’une personne engagée dans une procédure de divorce qui se prolonge peut difficilement accéder à l’AMP. Même dans le cas où le second couple aura été formé postérieurement à l’échec du premier, déclarer officiellement un autre lieu de résidence pour la personne concernée risque de provoquer une requalification préjudiciable du fondement du divorce. Est-il d’ailleurs possible d’accéder à la PMA lorsqu’on est encore juridiquement marié à une autre personne, même après 5, 6 ou 7 ans de procédure interminable et la reconstitution d’un couple stable ?

La question de l’accès des homosexuels à l’aide médicale à la procréation a fait l’objet d’un habile jeu de la patate chaude : il est conseillé de "mener un débat approfondi sur l’accès des couples homosexuels à l’AMP lors de la révision de la loi.".... Et hop !

S’agissant du transfert d’embryon post-mortem, "Les rapporteurs ne méconnaissent pas les problèmes soulevés, et l’intérêt de l’enfant à naître, mais ils considèrent qu’il est inhumain d’imposer à une femme qui vient de perdre son époux ou son compagnon, la destruction ou le don d’un embryon, ceci relève du dialogue singulier entre l’équipe médicale et la personne concernée. Ils suggèrent que le transfert d’embryon post mortem soit autorisé à certaines conditions : consentement écrit de l’époux au transfert d’embryon post mortem recueilli par un magistrat ; délai de 3 à 6 mois, non reconductible après le décès de l’époux ou du compagnon ; suivi psychologique de la mère."

L’âge des mères potentielles a également été abordé, après les faits d’actualité qui ont récemment défrayé la chronique.

Aux termes du rapport :

"Cette question relève des bonnes pratiques médicales et de l’appréciation des situations au cas par cas. Cependant une information concernant les effets potentiellement néfastes de l’âge sur l’augmentation des risques médicaux et psychologiques encourus par la mère et l’enfant doit être diffusée, le recours au don d’ovocytes à l’étranger permettant de tourner les règles de bonnes pratiques édictées en France. Il conviendrait que l’Agence de la biomédecine mène une campagne nationale d’information et de prévention sur l’âge et la procréation pour éviter les dérives et les faux espoirs que suscitent certaines pratiques"

Les dons d’ovocyte font également l’objet d’une réflexion. Ils concernent généralement les femmes dont le taux de FSH a augmenté, parfois prématurément, et rend impossible toute grossesse. Il faut alors recourir aux ovocytes d’une autre femme. Or, il existe une véritable pénurie de ces derniers, aggravée par le droit applicable en la matière.

Selon le rapport : "Le don d’ovocyte implique des contraintes, nécessite une stimulation ovarienne et une anesthésie avec des suites opératoires. Il ne se développera dans des conditions éthiques respectueuses des personnes qui font ce don comme de celles qui le reçoivent qu’avec un suivi médical des donneuses, une indemnisation forfaitaire correspondant au temps passé en soin et en suivi médical. Si cette solution était retenue, il conviendrait de limiter à un, voire deux dons par femme, afin d’éviter toute exploitation de la donneuse d’ovocyte".

Enfin, le rapport termine par la délicate question de la gestation pour autrui.

On reproduira les préconisations avant de les discuter.

"Les rapporteurs considèrent que les propositions visant à lever la prohibition de la gestation pour autrui en l’encadrant strictement ne lèvent pas les objections de fond qui entachent cette technique extrêmement « biologisante ». Ils rejoignent en cela les objections formulées par le Professeur René FRYDMAN et Mme Caroline ELIACHEFF, même s’ils n’ignorent pas les cas difficiles rapportés par le Professeur Israël NISAND. Il est des couples que l’on souhaite aider mais la loi doit poser des limites. Ils considèrent qu’on ne peut aborder la levée de cette prohibition sans réfléchir au devenir de l’ensemble des intervenants, notamment à celui de l’enfant à naître, et à celui de la gestatrice et sa famille. Un encadrement de la GPA implique un contrat sur un enfant à naître dont l’intérêt doit être protégé et mobilise une femme et les membres de sa famille pendant un an au moins. Les risques pour l’enfant à naître demeurent. Comment prendra-t-on en considération les liens de cet enfant avec la gestatrice, alors que les médecins démontrent chaque jour l’importance des échanges foetaux maternels ? Que lui dira-t- on de sa naissance à l’age adulte ? Qu’adviendra-t-il de lui si le couple d’intention se sépare ? Les risques d’instrumentalisation de la gestatrice demeurent. Qu’adviendra-t-il d’elle si sa grossesse se déroule mal ? Qui sera responsable : l’équipe médicale, l’instance qui a délivré les agréments, le couple d’intention ? Comment informera-t-elle sa propre famille, ses propres enfants, ses proches ? Les risques de frustration des couples intentionnels demeurent : très encadrée médicalement pour être juridiquement et éthiquement acceptable, cette technique continuera de conduire les couples à des délais d’attente très longs, des espérances déçues. Les infertilités de causes inconnues qui existent en seront exclues entraînant des injustices qui ne feront pas cesser le tourisme procréatif. Les rapporteurs estiment que les difficultés de l’adoption en France sont à prendre en considération, elles sont bien souvent l’une des raisons de la volonté des couples de recourir à la GPA. Le rapport de M. Jean-Marie COLOMBANI ouvre des pistes intéressantes ; il reste que le nombre d’enfants juridiquement adoptables est faible par rapport au nombre des couples candidats. Cependant, les rapporteurs demandent aux praticiens de l’AMP comme à ceux qui sont chargés de délivrer des agréments à adoption d’éviter d’opposer les deux démarches".

Prendre une décision en la matière est très compliqué, lorsqu’on accepte d’y réfléchir avec le moins d’idées pré-concues possible :

Se rend-on compte qu’une femme ayant bénéficié d’un don d’ovocyte ne sera génétiquement pas la mère de cet enfant, qu’un homme dont l’épouse a bénéficié d’un don de spermatozoïdes ne sera génétiquement pas le père de cet enfant, mais qu’un enfant ayant été porté par une autre sera génétiquement l’enfant des parents qui auront eu recours à cette technique ?

Cela est très troublant car, dans les deux cas, une femme porte un enfant qui n’est pas génétiquement le sien. Dans le premier groupe de cas, c’est autorisé, dans le second c’est interdit.

La différence - fondamentale - est l’investissement affectif de la mère qui porte l’enfant. La question essentielle à résoudre est donc celle de savoir si l’enfant porté par une mère qui sait qu’elle ne sera pas la sienne au cours de sa vie risque d’en pâtir sur un plan psychologique. Je n’ai pas les qualifications nécessaires pour y répondre.

Mais je suis bien certaine que, de façon générale, au gouvernement, au parlement, et dans la rue, ce n’est pas cette interrogation qui motive le refus des mères porteuses mais la difficulté à admettre qu’une femme puisse porter un enfant pour le donner à une autre.

Toutefois, cette difficulté à faire face à cette nouvelle représentation de la grossesse conduit à une inégalité entre femmes : celle qui sont stériles par ménopause ou pré-ménopause précoce (taux de FSH élevé) peuvent devenir mère par la voie du don. Des femmes qui sont fertiles mais qui souffrent d’une malformation ou absence d’utérus (parfois à la suite de scandales de santé publique tel que le distilbène) ne le peuvent pas...

J’ose donc le dire au risque de choquer : dès lors qu’on a admis le don d’ovocyte et le don de spermatozoïdes, interdire à un couple susceptible d’être parents biologiques de l’être, à partir de ce seul choix de société subjectif, c’est créer une inégalité de traitement épouvantable : oui à une femme qui porte l’enfant d’une autre grâce aux ovocytes de cette femme et qui l’élève, non à une femme qui demande à une autre femme de porter son propre ovocyte pour élever l’enfant qui en est issu.

Cette prise de position ne signifie pas que je suis nécessairement favorable à la gestation pour autrui. Je dénonce simplement le caractère subjectif du choix effectué entre deux dons.

C’est la raison pour laquelle il convient de se placer sur un autre plan. Celui de l’échange entre l’enfant et la mère, et le risque d’avoir un déficit préjudiciable d’échange foetal mère/enfant lorsque l’enfant est porté par une mère qui ne peut s’investir excessivement pour trouver la force de ne pas élever ensuite cet enfant.

Une autre question délicate sera celle du dédommagement de la mère porteuse. Celle-ci est toutefois surmontable. A supposé résolue la première question, on pourrait fort bien n’autoriser la gestation pour autrui qu’à la condition qu’elle soit gratuite, seuls les frais médicaux étant pris en charge par le couple. Cela limiterait le nombre de mères porteuses candidates mais permettrait d’éviter que ce don de la vie devienne une opération commerciale de location d’un ventre. Même la question des conséquences psychologiques pour la mère porteuse peut être résolue, comme elle l’est pour le transfert d’embryons post-mortem dans le rapport de l’office de l’évaluation.

A titre personnel, je vous l’avoue, je n’arrive pas à décider....

7 Messages de forum

  • La procréation médicalement assistée au rapport

    14 avril 2009 23:51, par lilou51130
    je suis personne de 37 ans qui hélas n’a pas rencontré l’âme soeur.j’ai rencontré aujourd’hui mon gynéco qui ma totalement envoyer boulé pour la PMA car je n’étais pas en couple. je regrette mais je suis une femme ayant un travail, une maison des biens vignobles, un sci immo, et je ne peux pas accéder a cette aide. malgré que tant de femme oui se mari, et qui plus se retrouve seule avec leur enfant. alors pourquoi on nous refuse d’avoir se choix qui n’est pas pris à la lègère et pas seule non plus (j’avais tous prevu, la nourrice, mon travail tout refléchit, l’explication à mes proches à mon future enfant. j’ai une chambre qui l’attendait. mais hélas, rien. alors s’il vous plait battons nous pour que nous femme seule nous puissions arriver à notre désir. combien d’enfant sont non désirer ? délaisser ? taper ? abandonner ? un femme seule est capable de gérer sa vie, avec les plus et moins, le blanc et le noir ? pourquoi des filles de 14 ans se font avorter en cachette de leur parent ? c’est notre société en générale qui faut remettre sur le droit chemin. pour moi, je me rendrai à l’étranger. puis ce que mon propre médecin ne veut pas me satisfaire par legalite francaise. sonner au porte et batter vous pour nous. merci. d’avance.

    Voir en ligne : la procretation médicalement assisté

    • La procréation médicalement assistée au rapport 15 avril 2009 10:46, par Géraldine Chavrier

      Même si votre message ne correspond pas à la ligne éditoriale de ce site, je le publie : nous sommes dans une année de réflexion sur la bioéthique et, ailleurs, sur un site du ministère de la santé, un forum existe pour que des voix comme les vôtres puissent s’exprimer avant l’adoption de la nouvelle loi bioéthique (cliquer ici). Alors pourquoi pas ici également...

      Votre témoignage apporte d’ailleurs une information utile, déjà notée par de nombreux spécialistes : les projets d’enfant de femmes célibataires ou de couples homosexuels sont souvent davantage réfléchis et préparés que les autres grossesses.

      Je ne peux que vous souhaiter bonne chance dans votre projet, tout en ajoutant une information : s’il est question, en France, d’ouvrir la PMA aux femmes célibataires, à supposer que ce soit effectivement voté, la disposition ne sera pas en vigueur avant la fin de l’année 2010. Compte tenu de ce que vous savez de l’horloge biologique d’une femme et de la chute vertigineuse de la fertilité à 38 ans, votre choix de l’étranger est certainement la seule solution, même si on doit regretter ce tourisme procréatif.

  • J’apprécie votre recherche de la réflexion sur ces sujets, cela change des déclamations dogmatiques qui sont dommageables à la démocratie. Concernant la gestation pour autrui, il est intéressant de rappeler que ce qui se passe in utero est avant tout une représentation psychique, ce qui n’est absolument pas lui ôter son importance. Cette construction psychique, qui est vécue par la gestatrice, mais aussi par les parents, et plus tard par imprégniation pour l’enfant, amène à se poser des questions intéressantes selon moi. Tout d’abord, cette construction ne peut se faire de manière positive si elle se fait dans le déni ou dans le conflit. Cela suppose donc que les parents et la gestatrice partagent ensemble la même vision de la venue au monde de cet enfant, qu’il y ait entre eux une relation humaine positive, et que cette aventure humaine ne soit pas cachée plus tard aux yeux de l’enfant sous forme d’un secret de famille, et qu’au contraire elle soit assumée par les parents et la gestatrice. Ceci exclut donc toute relation qui serait motivée principalement par l’argent ou, en symétrie, par l’utilitarisme. Pour rester moins théorique, c’est tout simplement donner une place positive à la femme qui porte l’enfant d’autrui et ce encore après la naissance. Enfin, cette place n’est absolument pas celle d’une mère de substitution (c’est un terme totalement inadéquat !) mais celle incommensurable d’une donneuse d’engendrement. Ce n’est pas un rôle de mère, mais une aide irremplaçable donnée à un couple pour devenir parents. Pour continuer sur le sujet, vous pouvez visiter le site de notre association CLARA où nous sommes de nombreux parents grâce à l’aide de ces femmes que nous ne souhaitons pas oublier : http://claradoc.gpa.free.fr

    Voir en ligne : Association CLARA

    • La procréation médicalement assistée au rapport 20 juin 2009 22:03, par Géraldine Chavrier

      Merci pour ces intéressantes explications. Je continue de réfléchir sur la question (j’ai d’ailleurs toujours un commentaire de l’avis de l’académie Nationale de médecine rédigé aux trois quart) mais je suis un peu ralentie actuellement dans mon travail.

      A vrai dire, l’enjeu de la GPA ne sera pas seulement celui de l’acceptation sociale de celle-ci. Il sera juridique. Même si la loi passait, elle risquerait d’être invalidée par le conseil constitutionnel pour contrariété à des grands principes juridiques telle que l’indisponibilité du corps humain.

      Il faut donc que nous réfléchissions à la façon de construire une GPA qui ne malmène pas trop ces principes, et ce n’est pas évident a priori. Mais cela vaut la peine d’y réfléchir....

      • Changer la loi pour légaliser la GPA est très simple : il suffit d’intégrer la GPA dans le champ de l’AMP et d’utiliser le principe de reconnaissance pré-natale qui existe pour le don de sperme.

        L’indisponibilité du corps humain est un principe souvent affiché par les détracteurs de la GPA mais il ne fait pas partie de la loi, mais d’un texte religieux appelé Donum Vitae. C’est assez facile à comprendre, car ce principe interdirait l’IVG et la contraception. Le véritable principe légal est la non-patrimonialité du corps humain, et il n’est pas contraire à la légalisation de la GPA dans un cadre non-commercial. Le rapport du groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui l’explique assez bien.

  • L’erreur fait aussi la mère porteuse...

    23 septembre 2009 09:08, par RB

    V. Cette dépêche : Enceinte par insémination, elle découvre qu’il y a erreur sur l’embryon - 22/09/2009-[21:00] - AFP

    WASHINGTON, 22 sept 2009 (AFP) - Une Américaine, tombée enceinte suite à une insémination artificielle, a appris qu’en raison d’une erreur de la clinique, elle portait l’embryon d’un autre couple et a décidé de mener sa grossesse à son terme pour rendre l’enfant à ses parents biologiques.

    C.S, 40 ans, de Sylvania (Ohio, nord) a expliqué lundi sur la chaîne NBC comment elle avait appris avec horreur qu’on lui avait implanté par erreur un mauvais embryon et non celui conçu avec son mari. "J’ai une mauvaise nouvelle", lui a dit son mari après avoir reçu un coup de téléphone de la clinique alors que la grossesse de son épouse était entamée depuis deux mois : "tu es enceinte mais ils ont transféré le mauvais embryon", a-t-elle raconté. L’enfant doit naître par césarienne dans deux semaines et C. et S. Savage ont décidé de le rendre au couple de parents biologiques. "Bien sûr nous nous demanderons toujours ce que devient cet enfant pendant le restant de notre vie", a-t-elle indiqué. Mme S. a trois enfants, dont le benjamin a déjà été conçu par insémination artificielle.

    • L’erreur fait aussi la mère porteuse... 23 septembre 2009 09:59, par Géraldine Chavrier

      Oui, mais cela ne remet rien en cause : ni les réflexions sur les mères porteuses - car à l’origine il ne s’agissait pas de cela - ni l’insémination artificielle et les FIV.

      Il s’agit d’une lamentable erreur, qui ne devrait pas pouvoir survenir. Il ne viendrait à l’idée de personne de mettre en cause la pratique de l’ablation d’un membre parce que, exceptionnellement, il y a des erreurs par lesquelles on ampute le membre sain et laisse le membre malade. Il s’agit de la même chose.

      Si ce n’est qu’en l’espèce, pour revenir aux mères porteuses, on démontre qu’un couple peut ne pas nouer de relation avec l’enfant qu’il attend (même après l’avoir porté pendant deux mois en le pensant leur) car il a décidé de le restituer aux parents génétiques.

      Le désir d’enfant et le lien avec les gènes est quelque-chose qui ne se modélise pas. Il y a autant de scenarii possibles que de modalités d’établir un lien avec un enfant en fonction de sa propre histoire, de sa psychologie, et de ses rêves.

      A l’inverse de ce couple, lors des FIV, d’autres ont obtenu des embryons surnuméraires et en font don à des couples stériles. Leur gènes grandiront dans le ventre d’une autre et deviendront effectivement l’enfant de ce couple, sans discussion possible. Ce n’est pas une démarche facile, ils pensent parfois à ce mélange d’eux qui grandit quelque part.

      Mais cela prouve que tant le désir d’enfant que le lien avec ses propres gènes n’est pas modélisable....


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